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Oete : « Il faut faire les choses avec vérité »

Crédit photo : Yann Orhan

Cette édition 2022 du MaMA Music & Convention aura regorgé de surprises et d’artistes aussi talentueux.ses les un.e.s que les autres. Oete est une vraie révélation dont l’ascension future ne fait aucun doute. Doté d’un don inné pour allier paroles et mélodies dans un ensemble d’émotion et de danse communicatives, il s’impose dans le paysage musical français comme une évidence à suivre de très près.

Après plusieurs singles redoutables d’efficacité, il sort aujourd’hui son premier album « Armes et Paillettes », un petit bijou à écouter en boucle, qu’il était venu défendre sur la scène d’un Backstage By The Mill enflammé. Rencontre dans un petit café de Pigalle, histoire de faire plus ample connaissance.

Salut Oete et merci pour cette interview ! Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas, qui es-tu ?

Je suis Oete, auteur-compositeur et interprète de 23 ans.

Pourquoi ce nom ?

Parce que poète sans le « P« , parce qu’il y a toi, moi et eux. Et de par mon parcours et mes origines, je pense que je viens de ceux qu’on peut désigner comme « eux ». Et j’ai aussi envie de parler pour eux et à eux. C’est universel.

Comment ce projet est-il né ?

J’avais envie de faire de la musique, j’ai suivi l’instinct, et c’est né au fur et à mesure du temps et à la fois des opportunités que j’ai pu provoquer et saisir.

Au niveau des influences, tu te situerais comment ?

Je pense qu’on est entre Niagara, Daniel Darc, Christophe, Bashung et un mélange de toutes ces choses là, avec du Boy Harsher ou des choses beaucoup plus new wave.

Au milieu de toutes ces influences, comment composes-tu ?

C’est toujours très instinctif. Comme dirait Spinoza : « Ne pas rire, ne pas pleurer, mais comprendre« . Donc je ne me dis jamais « Je vais faire une chanson d’amour« . Ce sont des choses qui me viennent, qui sont instinctives, que j’accepte, et qu’après je retranscris de la manière la plus brute possible.

Il y a des choses en particulier qui t’inspirent ?

Juste de me coucher le soir en ayant appris quelque chose dans la journée, et de ne pas me sentir con.

Après tous les singles tubesques que tu as déjà sortis, tu sors aujourd’hui ton premier album « Armes et Paillettes ». Comment est-il né ?

On a accumulé des chansons, et à un moment on s’est dit qu’en mettant toutes ces chansons ensemble, il y en avait neuf et que ça faisait un album. C’est un peu comme ça que ça s’est fait. On est pas partis du constat qu’on allait faire un album : le fait de le sortir et d’appeler ça un album est venu après, mais ça rentre dans la continuité du travail qu’on fait depuis le début.

Et je trouve que toutes ces chansons ont une résonance commune : les névroses et les carences. C’est comme si dans cet album je m’asseyais avec l’ado et l’enfant que j’étais, qu’on se prenait tous dans les bras, et qu’on suivait maintenant la lumière vers la vie adulte.

Pourquoi l’avoir appelé « Armes et Paillettes » ? Qu’est-ce que ces deux mots représentent pour toi ?

Je dirais que les armes sont toutes les choses qui nous touchent, qui nous entravent dans la vie, qui nous persécutent. Et plutôt que de les utiliser ou de les percevoir comme quelque chose de mauvais, les voir comme quelque chose qui vient te construire et te former. Et les paillettes, c’est la candeur de toujours croire que les choses sont possibles, cette part de rêve qui permet aussi de surmonter toutes ces choses-là.

Il y a des choses en particulier que tu cherches à transmettre avec ta musique ?

Il n’y a pas une chose en particulier, je sers juste à avoir une forme de libération. Que les gens puissent danser sur leurs problématiques pour s’en libérer, ou en tout cas avoir une forme de victoire là-dessus. Vraiment juste un esprit très libérateur et un peu défouloir.

Tu parlais de Spinoza, quel regard portes-tu sur le monde ?

Et bien je dirais qu’en ce moment, c’est un peu la merde ! (rires) Ça a toujours été un peu comme ça, donc ce n’est pas tout neuf. Je dirais qu’en tant qu’artiste ou que créateur de musique, je veux juste essayer de proposer des portes libératoires qui permettent aux gens de sortir de cette morosité quotidienne, et de pouvoir trouver un peu de lumière quelque part. Dans la vie, les deux choses qui me maintiennent en vie sont l’art et la culture, et en bouffer tout le temps.

Justement en parlant de l’art et des portes que ça ouvre, penses-tu que les artistes aient un rôle ou une place particulière dans le monde ?

On a une place particulière dans la vie des gens de toute façon. Si je prend par exemple l’exemple de ma mère qui est assistante sociale, elle bosse 35 heures par semaine sans moment d’évasion, et ce n’est que quand elle rentre dans sa bagnole et qu’elle allume sa radio, qu’elle a de la musique, ou quand elle allume la télé pour regarder un film le soir. Et du coup tu te rends compte que la seule porte de sortie, d’évasion cérébrale, c’est l’art, quelle que soit sa forme.

Donc on a un rôle même essentiel dans la vie des gens, puisqu’on vient leur proposer un peu d’apaisement.

Et en terme d’apaisement et de porte de sortie, est-ce qu’il y a un album qui l’a été pour toi ?

« La Vérité » de Niagara, qui m’a vraiment fait beaucoup de bien. Et dernièrement, « Avec les yeux » de Fishback, qui m’a accompagné depuis une petite année.

Il y a un conseil particulier que tu pourrai donner à un artiste qui voudrait se lancer ?

La seule chose que je peux dire, c’est qu’il faut faire les choses avec vérité. Je répèterai cette phrase de Spinoza : « Ne pas rire, ne pas pleurer, mais comprendre« . Il faut faire les choses avec le maximum de vérité, et la seule aide que je puisse dire, c’est d’y croire. Si tu n’y crois qu’à moitié, ça n’arrivera pas. Pour faire quelque chose, il faut y croire à 15 000 pour cent.

Il y a des moments où l’on y croit plus, de toute façon la vie d’artiste, c’est que ça, tu vois. Mais essaie d’y croire au maximum !

Un petit mot pour terminer ?

Il y a toujours des surprises dans l’univers !

Propos recueillis par Timothée Bigot

Pour le suivre : FacebookInstagram

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